Immigration : la position intéressante des anciens de St Bernard

Immigration : la position intéressante des Anciens de St Bernard

 

J’attire l’attention sur la proposition de création d’un pôle d’action et de réactivité dénommé Fraternité, France Immigrés qui aurait pour but d’élaborer des solutions raisonnables et raisonnées.

 

Ce texte évoque aussi le problème fondamental qu’est celui des rapports Nord-Sud et du nécessaire co-développement.. L’immigration ne doit être considérée que comme temporaire, dans l’attente d’un développement suffisant des pays émergents pour conserver tous leur ressortissants.

 

Le texte est reproduit ci-dessous intégralement, avec entre parenthèses, mes corrections d’erreurs manifestes, mes appréciations et mes intertitres.

 

                                                                                                                                 Jacques CHEVASSUS.

 


Malgré les expulsions, ils reviennent

 

 


 

Dix ans après, plus d’immigrés et plus de femmes parmi la
population immigrée au-delà de lois de plus en plus répressives. A l’heure du bilan, un fait s’impose à nous tous et cela de part et d’autre : ce qu’il faut repenser c’est la politique de l’immigration issue de l’ordonnance coloniale (je juge ce qualificatif déplacé) du 2 novembre 1945 Un fait patent est que depuis une dizaine d’années la répression tous azimuts a fait les preuves de son inefficacité puisque les derniers chiffres officiels de l’INSEE  laissent apparaître 760 000 émigrés (il faut lire immigrés)  de
plus qu'en 1990.


Par exemple, après l’évacuation de l’Eglise St Bernard, 12 sans-papiers ont été expulsés vers le Mali. Ces expulsions ont coûté officiellement 30 000 FF à l’époque par personne, soit 360 000 francs à la charge des contribuables que nous étions et que nous sommes. Les 12 sont aujourd’hui en France, dont 11 régularisés. Ces 360 000 FF ont donc été jetés par les fenêtres. Constitutionnellement a-t-on le droit d’utiliser l’argent public à des fins purement électoralistes ? Nous répondons NON. Ces 360 000 FF, auraient pu être utilisés dans la rénovation de maisons de retraites par exemple. Et nous ne parlons que de ces 12 expulsés. Si ce chiffre de 3000 euros qui représente le coût d’une expulsion est multiplié par le chiffre officiel d’expulsions du Ministère de l’Intérieur, sachant que 90 % d’entre eux reviennent, on atteint des chiffres permettant de rénover l’ensemble des crèches et des maisons de retraites
en France. Voilà la réalité française
.

L’Europe a besoin d’immigrés et n’a pas de politique commune.

 

Le contexte européen nous permet de tirer les enseignements suivants. Des pays comme l’Italie,l’Espagne, le Portugal et la Grèce qui ont procédé à des régularisations massives, ne se
portent pas plus mal économiquement. L’Espagne qui estime à 1 million le nombre de ses clandestins, est en voie de régulariser de 500 à 800 000 personnes que rien n’empêche légalement de venir s’installer en France. Pourquoi une telle politique? La raison avancée est qu’un plus grand nombre de travailleurs déclarés dans le pays devraient permettre d’augmenter le nombre de personnes payant des cotisations sociales.


Force est de constater qu’il n’y a aucune politique d’immigration commune européenne car le courage politique des uns s’oppose à l’ambition populiste des autres ce qui ne peut engendrer aucune cohérence.


En mars dernier, une étude de la très sérieuse division de la population des Nations unies annonçait que l’Union européenne aurait, dans les cinquante ans à venir, besoin de 700 millions d’immigrés (ce chiffre est manifestement erroné, la population de l’Union Européenne s’élevant à 450 millions d’habitants) pour compenser le vieillissement de sa population.

 

Tout ce préambule conduit à la nécessité absolue d’un débat incontournable sur l’immigration. Un débat de fond avec tous les acteurs impliqués et dont la résultante ne peut être qu’une synthèse des différents points de vue en adéquation avec les réalités économiques, politiques et sociales.

 

 

Quelques pistes de réflexion pour l’avenir.


Pour ces raisons, nous, anciens Sans Papiers de St Bernard, proposons d’explorer plusieurs axes de réflexion :

- reconsidérer les rapports Nord Sud dans un esprit d’équité. En 1988, lors de la campagne présidentielle, F. Mitterrand s’exprimait ainsi dans la lettre qu’il envoya à tous les Français à la page 21 : « il n’est pas excessif d’écrire que les pauvres financent les riches puisque, tous comptes faits, on a constaté l’an dernier (1987) que les transferts du Sud au Nord ont dépassé de 30milliards de dollars les transferts
financiers inverses. Cruelle vérité : ce sont les pauvres qui nous aident.»


-          reconsidérer la politique d’aide au développement aléatoire qui ne profite qu’à une certaine élite de part et d’autre

 

- avec les transferts du Nord au Sud, c’est  la situation inverse qui est abordée


La Banque Mondiale considère que ces transferts de fonds constituent une source de plus en plus importante de financement du développement, qui, dans certains pays, dépasse l’aide publique au développement. “Les fonds envoyés dans les pays en développement par des émigrés travaillant à l’étranger, résidents ou non résidents, ont augmenté, d’après les estimations, de 10 milliards de dollars (8 %) en 2004, pour atteindre 126 milliards de dollars”, indique la Banque.

 

L’année précédente, ils avaient progressé de 17 milliards de dollars, cette hausse ayant en grande partie eu lieu dans les pays à faible revenu. La plupart des pays de destination sont des pays à revenu intermédiaire, mais les fonds transférés dans des pays pauvres jouent un rôle important par rapport au produit intérieur brut, note la Banque.

 

Cependant, les chiffres publiés par la Banque ne tiennent compte que des transferts de fonds officiels. Si l’on y ajoute les flux non-officiels, le montant total pourrait être 2,5 fois
plus élevé. “Les flux passant par des voies informelles ne sont pas comptabilisés dans les statistiques officielles, mais l’on pense qu’ils sont très importants”, précise la Banque.

- coordonner les actions tant au Nord qu’au Sud et d’Est en Ouest..


Nous, anciens de Saint Bernard, proposons la création d’un Pôle d’action et de réactivité dénommé FRATERNITE FRANCE IMMIGRES qui aura pour but de proposer des solutions raisonnables et raisonnées à la question difficile de l’immigration qui sera en 2007 l’un des enjeux majeurs de la
campagne présidentielle.
 
 




Article ajouté le 2007-03-21 , consulté 126 fois

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