M.R.A.P. 87 Comité local Limoges-Haute-VienneLa France peut-elle accueillir toute la misère du monde ?La France peut-elle accueillir toute la misère du monde ? Combien de fois a-t-on cité ou écrit la première partie de la phrase de Michel Rocard en oubliant « volontairement » la seconde ? Je livre ci-dessous l’analyse de Laeticia Van Eeckhout, in « Immigration » (ed. Odile Jacob, Janv. 2007 p.31) ouvrage dont je recommande la lecture. Désormais, si l’on veut citer Rocard, citons-le en entier et non à moitié pour s’en moquer. Jacques CHEVASSUS. « La France ne peut accueillir toute la misère du monde » déclarait en décembre 1989 Michel Rocard, alors Premier ministre. Il ajoutait cependant : « mais elle doit savoir en prendre fidèlement sa part ». Reprise maintes fois de manière tronquée, et dès lors souvent interprétée comme une brutale déclaration de fermeture, la première partie de cette phrase sert depuis d’argument d’autorité à ceux qui défendent, à droite notamment, une action répressive, une lutte sans faille contre l’immigration irrégulière, voire prônent, comme le Front National, la fermeture des frontières et l’immigration zéro, estimant que la France n’a ni les moyens ni le besoin d’accueillir les immigrés. Pourtant, Michel Rocard voulait au contraire souligner la complexité de la question : prenant acte des limites que les circonstances économiques et sociales, le niveau élevé de chômage notamment, imposent à toute politique d’immigration. Il refusait à la fois les facilités de la démagogie et les dérives de la xénophobie. Loin de justifier une politique d’immigration zéro fondée sur la répression et le rejet de l’autre, les contraintes économiques et sociales devaient, selon l’ancien Premier ministre, inciter les responsables politiques à inventer des solutions pour permettre aux pays du Nord de faire acte de solidarité envers les pays du Sud. Tout en donnant la priorité à la lutte contre le chômage et prônant ainsi le contrôle des flux migratoires, la gauche défend l’ouverture au nom des valeurs universalistes. En son sein, certains affirment cependant aujourd’hui, comme d’autres à droite, que l’Etat devrait pouvoir choisir les immigrés qu’il est prêt à accueillir et ne plus se les voir imposer par les faits. Laetitia Van Eeckhout. Article ajouté le 2007-05-16 , consulté 174 fois CommentairesLiensVoir les articles de la catégorie " LE MRAP EN HAUTE-VIENNE N° 149 (mai 2007) "Retour aux articles |