Des quotas d'immigration pour assurer l'avenir...
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De : Patrice De Rorthais
Date : 30/11/2006 13:08:26
Sujet : [MRAP PST] Tr: EL WATAN L'UE songe une immigration "飯-d魯graphique" |
> Edition du 29 novembre 2006 > Actualite
> http://www.elwatan.com/spip.php?page=article&id_article=55050
>
> Des quotas d'immigration pour assurer l'avenir
>
> L'Europe vit l'hiver démographique
>
> Cela ressemble au danger montant de la fonte des icebergs. Les spécialistes
> appellent cela « l'hiver démographique ». Mis à part Chypre et Malte, tous
> les pays membres de l'Union européenne connaissent une baisse régulière de
> la population.
> La Commission européenne a, en 2005, élaboré un Livre vert sur « les
> changements démographiques ». « L'apport de l'immigration est devenu crucial
> pour assurer une croissance de la population. Le taux de fertilité est
> partout inférieur au seuil de renouvellement des générations (environ 2,1
> enfants par femme) ; il est même tombé en dessous de 1,5 enfant par femme
> dans de nombreux Etats membres », est-il écrit dans ce rapport. Jusqu'à
> 2025, la population européenne va croître faiblement grâce à ... l'apport de
> l'immigration. Elle ne va évoluer que de dix millions en vingt ans. Ce qui n'est
> pas en mesure d'assurer une croissance économique durable surtout que le
> nombre des retraités est en augmentation. « Ce déclin est plus rapide et
> plus profond si l'on ne considère que la population totale d'âge actif (les
> 15-64 ans) : entre 2005 et 2030, elle devrait perdre 20,8 millions d'individus
> », est-il constaté dans le Livre vert. Freiner le déclin démographique
> passe, selon les experts, par l'encouragement de politiques publiques
> permettant « aux femmes et aux hommes de concilier vie familiale et vie
> professionnelle ». Mais également, par l'encouragement de flux migratoires.
> Sauf qu'ici, à Bruxelles, personne parmi les hauts responsables européens ne
> parle de cette manière. De l'immigration oui, mais laquelle ? L'Italien
> Francesco Luciani, de la direction justice et sécurité à la Commission
> européenne, va même à contresens de toutes les propositions faites par les
> spécialistes. « Ce n'est pas parce que la démographie est négative que l'immigration
> est la solution », dit-il. Citant l'expérience tentée en Allemagne, il
> affirme qu'il est possible de « renverser » la vapeur. Amener les gens à
> faire des enfants ? « Il y a des solutions », dit-il sans convaincre. Il ne
> croit pas trop à « la politique des quotas » défendue par l'Italie avec des
> pays comme la Tunisie, l'Espagne avec le Maroc. L'Allemagne, par la voix de
> son ministre de l'Intérieur, Wolfgang Schduble, est hostile à l'idée de
> quotas d'immigration fixés à l'échelle européenne. « Nous sommes attentifs à
> ce que les quotas restent la compétence des Etats, car ils ne peuvent être
> fixés qu'en fonction de la situation du marché du travail dans chaque
> pays », a-t-il dit. L'Allemagne ne semble pas partager le point de vue de
> Franco Frattini, vice-président de la Commission européenne chargé de la
> sécurité, des libertés et de la justice, qui fait campagne pour ... « la
> politique des quotas » pour l'immigration légale. A ses yeux, il est
> important que la Commission européenne connaisse les besoins de chaque Etat
> membre de l'UE pour pouvoir engager des négociations avec des pays tiers
> afin d'ouvrir les frontières à des travailleurs, à titre provisoire ou
> permanent.
> « Brain drain »
> En 2007, l'UE lancera un vaste plan, dont l'élaboration sera coordonnée avec
> l'Afrique, y compris l'Algérie, pour un mouvement d'immigration économique.
> Un portail d'information sera mis à la disposition des pays africains :
> European job mobility portal. Y seront expliquées et détaillées les
> opportunités d'emploi sur le Vieux continent. C'est une sorte de variante
> « d'immigration choisie » défendue par le ministre français de l'Intérieur
> et une partie de la droite française. Le terme « immigration choisie »
> suscite l'allergie à Bruxelles, mais le plan Frattini a tout l'air de lui
> ressembler. C'est que l'Europe veut ouvrir ses bras à de la main-d'œuvre
> qualifiée, de haut niveau s'il le faut. « On s'est rendu compte que les
> personnes à niveau de formation supérieure préfèrent immigrer au Canada et
> aux Etats-Unis. Alors que ceux qui débarquent en Europe sont ceux qui
> souvent n'ont aucune qualification », observe un responsable à la Commission
> européenne. A Tripoli, en Libye, où s'est tenue une conférence commune
> Afrique-Europe sur l'immigration, le 23 novembre 2006, Franco Frattini a
> prévenu contre « les risques et les conséquences » de la fuite des cerveaux.
> Cependant, il n'a pas expliqué la manière avec laquelle ce risque sera
> neutralisé d'autant plus que les pays du Maghreb, sans que cela secoue les
> gouvernements en place, se « vident » de leurs cadres. Les pertes liées à la
> fuite des personnes qualifiées sont, pour l'Afrique, estimées à plus de 35
> milliards de dollars, selon une étude de l'Unesco. Et le phénomène ne cesse
> de s'aggraver. En plus du brain drain (fuite des cerveaux), ces départs de
> travailleurs qualifiés freinent, d'après une analyse de l'Institut français
> du développement durable et des relations internationales, la croissance et
> amoindrissent le potentiel de production. Fidèle à son image de grosse
> machine bureaucratique, l'Union africaine ne semble pas trop s'inquiéter de
> cette situation dramatique. En face, l'Europe a, à titre d'exemple, lancé un
> grand programme de recherche dans le domaine des technologies de l'information
> et des communications qui s'étale jusqu'à 2013. Doté de 9 milliards d'euros,
> ce projet vise à donner un nouveau souffle à la compétitivité de l'Europe
> devant la concurrence de l'Inde, des Etats-Unis, de la Corée du Sud et de la
> Chine. Ce genre de projet fait appel à des compétences qui ne sont pas
> nécessairement européennes. A l'heure actuelle, les visas de séjours sont
> prioritairement accordés aux chercheurs et aux étudiants. « En matière de
> délivrance de visas, la Commission européenne n'est pas aussi libre que
> cela », nous dit-on à Bruxelles. Si le modèle d'intégration canadien est
> cité en exemple (double nationalité et mouvement aller-retour), la
> Commission européenne entend promouvoir une stratégie pour permettre aux
> nouveaux migrants de s'adapter aux valeurs des pays d'accueil. En la
> matière, les membres de l'UE n'ont aucune cohérence. Chacun y va de son
> petit chemin. D'où l'attitude crispée des Pays-Bas, où se développe une
> xénophobie d'un autre âge, de l'Allemagne, de la France et de la Belgique.
> « Nous devons détruire les barrières de non-confiance qui bloquent tout
> dialogue constructif et ouvert entre les sociétés d'accueil et les nouveaux
> arrivants », a déclaré à Tripoli, Franco Frattini. Francesco Luciani précise
> que l'UE est favorable à une global approach pour traiter l'immigration
> clandestine. Approche adoptée lors de la conférence de Tripoli où l'on a
> insisté sur « l'aide au développement et sur la sécurité ». La démarche n'a
> encore aucune visibilité. Surtout que « le gros » du flux migratoire vers le
> Nord provient, en réalité, de l'Europe de l'Est, de l'Amérique du Sud et du
> Sud-Est asiatique.
> Faycal Metaoui
> http://www.elwatan.com/spip.php?page=article&id_article=55050
>
> Des quotas d'immigration pour assurer l'avenir
>
> L'Europe vit l'hiver démographique
>
> Cela ressemble au danger montant de la fonte des icebergs. Les spécialistes
> appellent cela « l'hiver démographique ». Mis à part Chypre et Malte, tous
> les pays membres de l'Union européenne connaissent une baisse régulière de
> la population.
> La Commission européenne a, en 2005, élaboré un Livre vert sur « les
> changements démographiques ». « L'apport de l'immigration est devenu crucial
> pour assurer une croissance de la population. Le taux de fertilité est
> partout inférieur au seuil de renouvellement des générations (environ 2,1
> enfants par femme) ; il est même tombé en dessous de 1,5 enfant par femme
> dans de nombreux Etats membres », est-il écrit dans ce rapport. Jusqu'à
> 2025, la population européenne va croître faiblement grâce à ... l'apport de
> l'immigration. Elle ne va évoluer que de dix millions en vingt ans. Ce qui n'est
> pas en mesure d'assurer une croissance économique durable surtout que le
> nombre des retraités est en augmentation. « Ce déclin est plus rapide et
> plus profond si l'on ne considère que la population totale d'âge actif (les
> 15-64 ans) : entre 2005 et 2030, elle devrait perdre 20,8 millions d'individus
> », est-il constaté dans le Livre vert. Freiner le déclin démographique
> passe, selon les experts, par l'encouragement de politiques publiques
> permettant « aux femmes et aux hommes de concilier vie familiale et vie
> professionnelle ». Mais également, par l'encouragement de flux migratoires.
> Sauf qu'ici, à Bruxelles, personne parmi les hauts responsables européens ne
> parle de cette manière. De l'immigration oui, mais laquelle ? L'Italien
> Francesco Luciani, de la direction justice et sécurité à la Commission
> européenne, va même à contresens de toutes les propositions faites par les
> spécialistes. « Ce n'est pas parce que la démographie est négative que l'immigration
> est la solution », dit-il. Citant l'expérience tentée en Allemagne, il
> affirme qu'il est possible de « renverser » la vapeur. Amener les gens à
> faire des enfants ? « Il y a des solutions », dit-il sans convaincre. Il ne
> croit pas trop à « la politique des quotas » défendue par l'Italie avec des
> pays comme la Tunisie, l'Espagne avec le Maroc. L'Allemagne, par la voix de
> son ministre de l'Intérieur, Wolfgang Schduble, est hostile à l'idée de
> quotas d'immigration fixés à l'échelle européenne. « Nous sommes attentifs à
> ce que les quotas restent la compétence des Etats, car ils ne peuvent être
> fixés qu'en fonction de la situation du marché du travail dans chaque
> pays », a-t-il dit. L'Allemagne ne semble pas partager le point de vue de
> Franco Frattini, vice-président de la Commission européenne chargé de la
> sécurité, des libertés et de la justice, qui fait campagne pour ... « la
> politique des quotas » pour l'immigration légale. A ses yeux, il est
> important que la Commission européenne connaisse les besoins de chaque Etat
> membre de l'UE pour pouvoir engager des négociations avec des pays tiers
> afin d'ouvrir les frontières à des travailleurs, à titre provisoire ou
> permanent.
> « Brain drain »
> En 2007, l'UE lancera un vaste plan, dont l'élaboration sera coordonnée avec
> l'Afrique, y compris l'Algérie, pour un mouvement d'immigration économique.
> Un portail d'information sera mis à la disposition des pays africains :
> European job mobility portal. Y seront expliquées et détaillées les
> opportunités d'emploi sur le Vieux continent. C'est une sorte de variante
> « d'immigration choisie » défendue par le ministre français de l'Intérieur
> et une partie de la droite française. Le terme « immigration choisie »
> suscite l'allergie à Bruxelles, mais le plan Frattini a tout l'air de lui
> ressembler. C'est que l'Europe veut ouvrir ses bras à de la main-d'œuvre
> qualifiée, de haut niveau s'il le faut. « On s'est rendu compte que les
> personnes à niveau de formation supérieure préfèrent immigrer au Canada et
> aux Etats-Unis. Alors que ceux qui débarquent en Europe sont ceux qui
> souvent n'ont aucune qualification », observe un responsable à la Commission
> européenne. A Tripoli, en Libye, où s'est tenue une conférence commune
> Afrique-Europe sur l'immigration, le 23 novembre 2006, Franco Frattini a
> prévenu contre « les risques et les conséquences » de la fuite des cerveaux.
> Cependant, il n'a pas expliqué la manière avec laquelle ce risque sera
> neutralisé d'autant plus que les pays du Maghreb, sans que cela secoue les
> gouvernements en place, se « vident » de leurs cadres. Les pertes liées à la
> fuite des personnes qualifiées sont, pour l'Afrique, estimées à plus de 35
> milliards de dollars, selon une étude de l'Unesco. Et le phénomène ne cesse
> de s'aggraver. En plus du brain drain (fuite des cerveaux), ces départs de
> travailleurs qualifiés freinent, d'après une analyse de l'Institut français
> du développement durable et des relations internationales, la croissance et
> amoindrissent le potentiel de production. Fidèle à son image de grosse
> machine bureaucratique, l'Union africaine ne semble pas trop s'inquiéter de
> cette situation dramatique. En face, l'Europe a, à titre d'exemple, lancé un
> grand programme de recherche dans le domaine des technologies de l'information
> et des communications qui s'étale jusqu'à 2013. Doté de 9 milliards d'euros,
> ce projet vise à donner un nouveau souffle à la compétitivité de l'Europe
> devant la concurrence de l'Inde, des Etats-Unis, de la Corée du Sud et de la
> Chine. Ce genre de projet fait appel à des compétences qui ne sont pas
> nécessairement européennes. A l'heure actuelle, les visas de séjours sont
> prioritairement accordés aux chercheurs et aux étudiants. « En matière de
> délivrance de visas, la Commission européenne n'est pas aussi libre que
> cela », nous dit-on à Bruxelles. Si le modèle d'intégration canadien est
> cité en exemple (double nationalité et mouvement aller-retour), la
> Commission européenne entend promouvoir une stratégie pour permettre aux
> nouveaux migrants de s'adapter aux valeurs des pays d'accueil. En la
> matière, les membres de l'UE n'ont aucune cohérence. Chacun y va de son
> petit chemin. D'où l'attitude crispée des Pays-Bas, où se développe une
> xénophobie d'un autre âge, de l'Allemagne, de la France et de la Belgique.
> « Nous devons détruire les barrières de non-confiance qui bloquent tout
> dialogue constructif et ouvert entre les sociétés d'accueil et les nouveaux
> arrivants », a déclaré à Tripoli, Franco Frattini. Francesco Luciani précise
> que l'UE est favorable à une global approach pour traiter l'immigration
> clandestine. Approche adoptée lors de la conférence de Tripoli où l'on a
> insisté sur « l'aide au développement et sur la sécurité ». La démarche n'a
> encore aucune visibilité. Surtout que « le gros » du flux migratoire vers le
> Nord provient, en réalité, de l'Europe de l'Est, de l'Amérique du Sud et du
> Sud-Est asiatique.
> Faycal Metaoui
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